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J'te vois dans mon livreGuy Perreault remporte le Grand Slam 2011!Rachel Gamache21 septembre 2011
Le slameur de l’équipe de Gatineau avait déjà séduit la foule dimanche soir dernier en déclamant un poème-performance impressionnant qui racontait au public la manière dont il avait rencontré la femme de sa vie. Il fallait le faire pour dire en moins de trois minutes tous les mots de la langue française! Perreault a récidivé lundi, lors de la finale, pour finalement l’emporter. Tu parles d’une orgie linguistique! Et moi qui n’étais pas encore initiée au slam… LA HONTE! J’ai réglé le problème en me pointant deux jours de suite au Lion d’or que gavaient de mots les 20 slameurs des équipes de Gatineau, Montréal, Rimouski, Québec et Trois-Rivières. Et c’est la variété qui m’a frappée et réveillée le plus, habituée que j’étais aux lectures organisées autour d’un thème, d’un évènement quelconque ou à l’occasion d’un lancement. Ici, chacun est invité à explorer la langue à sa façon et en faire cadeau aux spectateurs. Petite leçon pour les novices en la matière (je l’étais jusqu’à maintenant) : le slam n’est pas un genre, mais bien une joute poétique dont les règles sont assez simples : le poème, le texte, le conte, la prière, la « chose » poétique doit être interprétée a capella en trois minutes maximum, sans accessoire et doit s’adresser au public qui note ensuite très subjectivement les performances. Il s’agit d’abord et avant tout de diffuser la poésie et de la démocratiser, et surtout d’avoir du gros fun, entoucas, moi, j’en ai eu. La scène slam est donc ouverte à tous, et tous les publics, experts, amateurs, poètes anonymes ou de salon, sont les bienvenus. Les concurrents réunis pour le Grand Slam 2011 étaient ceux qui avaient remporté une finale mensuelle et/ou locale et le public, sans âge, était l’un des plus hétéroclites que j’ai connu jusqu’alors. Puisqu’une compétition donne nécessairement des résultats, les voici en bref : Les poèmes frôlant parfois l’absurde (« Jésus est une courge! ») que scandait vigoureusement Paul Dallaire (Québec) lui ont valu le bronze lors de la ronde solo. Les textes doux-amers que Stéphanie Pelletier (Rimouski) a interprétés avec beaucoup de sensibilité et de conviction lui ont accordé l’argent. Quant à notre champion national Guy Perreault, il s’envolera pour Paris au printemps prochain pour représenter le Québec à la Coupe du monde de Slam! Mais il n’y a pas que les gagnants qui m’ont fait perdre mon innocence slamesque. La présence, la voix et le territoire à construire de Jean-Maxime Lévesque (Rimouski) – « La montagne dit à la rivière : qu’est-ce que tu penses du Plan nord toi? » -, le Québec dit par Sam Greffe (Montréal), la récolte poétique de Marcel Méthot (Rimouski), le « Pas pays » de Mme Cosinus (Montréal), ma visite guidée du Musée des exs d’Annie St-Jean (Gatineau), la performance sensuellement ironique d’Odile Galant (Rimouski) – « Entre deux massacres, l’homme est infiniment bon » -, ainsi que bien d’autres « claques poétiques » résonneront longtemps dans ma mémoire. *Pour plus d’infos et des photos : à la demande des organisateurs, Jack a blogué le Grand Slam 2011 en direct sur Train de nuit.
5 commentaires
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21 septembre 2011
Petite erreur, je ne fais pas partie de l’équipe de Gatineau, c’est plutôt Annie St-Jean…
Merci pour ce bel article.
21 septembre 2011
Merci pour les bons mots!
J’ai moi aussi l’impression d’y avoir perdu mon innocence slamesque. La présence (et la grande convivialité) de Marc Kelly Smith, fondateur du mouvement, y est pour beaucoup. Deux soirées inoubliables!
22 septembre 2011
C’est corrigé! Merci à vous deux!
22 septembre 2011
Excellent résumé! Il y a en fait quatre slameurs par équipe, donc 20 au total. Merci beaucoup pour le renvoi à Train de nuit!
22 septembre 2011
Décidément, je ne sais pas compter! Merci à toi!