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J'te vois dans mon livre

Avant l’oubli d’Ariane Bessette

Rachel Gamache
30 novembre 2011

J’oublie le temps qui reste

veiller ton corps
entouré d’ombres
qui s’accrochent dans la pièce
sans chercher à te ranimer

libre
et chacune de mes paroles
s’abandonne
Parfois je demande aux livres de me parler. Et ils répondent. Celui-là ne m’a pas tout dit. Il a gardé des secrets. Rien à voir avec une quelconque herméticité. Le livre est ouvert, offert, simplement. Il est dans mon sac depuis un mois et je le lis et relis dans tous les sens, trouvant chaque fois des réponses différentes à mes interrogations selon le moment de la journée, puis j’écris et réécris ce billet depuis quelques jours déjà, pas parce que je ne sais pas quoi dire, seulement parce que je ne sais pas comment le dire. Il y a des livres comme ça. Avant l’oubli d’Ariane Bessette m’a répondu de façon évanescente, à la manière des fragments qui composent son premier recueil de poésie. Ça doit être à cause de la lumière qu’il dégage. Crue, fugace ou fantomatique, la poète la décline de façon surprenante et je file comme un de ses souvenirs, une image claire obscure et douce, toute en contours. Un fantôme.

Avant l’oubli raconte avec beaucoup de délicatesse ce qui m’a paru plus que l’histoire d’une fille qui veille sa mère mourante depuis toute une éternité entre les quatre murs de sa chambre d’hôpital. Ce serait aussi celle de ces espaces commémoratifs sans issue que la douleur nous invente et où l’on reste parfois piégé trop longtemps. Il s’agit de trouver une brèche pour en sortir. Ariane Bessette entend un cri, « une rumeur vierge sans origine ». Puis elle s’engage dans un jeu de mémoire où le passé et le présent s’associent, où les souvenirs semblent se réinventer – pour qu’on les apprivoise mieux peut-être –, et qui lui (nous) permettra de renaître et d’oublier (ou presque) un moment, du moins de vivre, maintenant.

À découvrir aux Éditions David.

Je voudrais confier
ratisser la fragilité des contours
les bris épars contre
la placidité des heures
atteindre ton image
ton odeur
sans me soumettre
à ton désordre

Feuilletez-le ici!

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La vie de poète c'est dangereux - Patrice Desbiens

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